Le Japon reconnaît un droit à la voix
Par une décision en date du 30 septembre 2026, le tribunal du district de Tokyo nous offre l’une des premières grandes décisions portant sur le clonage illicite de la voix par intelligence artificielle.
Dans cette affaire, l’acteur Kenjiro Tsuda, connu pour être notamment la voix originale du personnage « Kento Nanami » de l’anime japonais à succès « Jujutsu Kaisen » demandait à Tiktok la suppression de plus de 188 vidéos postées par un compte anonyme qui, selon lui, reprenait illicitement sa voix.
De son côté, Tiktok arguait du fait que ladite voix était une voix masculine générique et que les ressemblances avec la voix de Kenjiro Tsuda procédaient d’une interprétation « hautement subjective ».
Si sa demande de suppression a été rejetée au motif pris que les vidéos avaient été supprimées dès l’introduction de l’instance, la District Court de Tokyo a jugé dans sa décision d’aujourd’hui que « l’utilisation sans autorisation de la voix d’un artiste-interprète (…) peut être considérée comme une atteinte aux droits de la personnalité ».
La Cour a également précisé que cette protection a vocation à s’appliquer dès lors que « l’utilisation de la voix est dans le seul but de tirer avantage de sa valeur économique », rappelant que la voix est « aussi représentative de la personnalité d’un individu qu’une photographie ou un portrait ».
Nous ne pouvons que saluer cette décision qui entre en résonance toute particulière avec l’arrêt de la Cour de cassation du 24 juin dernier qui a confirmé l’assimilation de la voix aux droits de la personnalité.
Nous aurons notamment l’occasion de rappeler l’état du droit dans le cadre du colloque organisé au Sénat intitulé « Les artistes-auteurs et interprètes victimes du grand effacement ? » du 30 octobre prochain de 14h à 18h30 pour lequel nous aurons le plaisir d’intervenir sur le sujet « Doublage, adaptation, voix : les premiers témoins de l’effacement.


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